mercredi 25 mars 2015

Au lendemain du 1er tour des élections départementales, voici ce à quoi pourrait ressembler la carte du Nord et du Pas-de-Calais dimanche prochain. Projections et pronostics


Extrait - France 3 Nord Pas-de-Calais
Publié le 23 mars 2015 à 17h46, mis à jour le 24 mars 2015 à 11h39



L'exercice est délicat et contestable. Il ne s'agit bien sûr pas de nier l'incertitude du vote qui reste entière et amènera forcément des surprises dimanche prochain. Mais nous nous sommes lancés.

Quel sera le visage des deux départements du Nord et du Pas-de-Calais à l'issue du 2ème tour des élections départementales ? Nous avons étudié les résultats du 1er tour dans tous les cantons et avons tenu compte de nombreux critères :

  • le score acquis au 1er tour
  • le nombre de candidats qui se maintiennent
  • la couleur des réserves de voix des candidats ne pouvant se maintenir
  • les reports de voix traditionnels
  • le contexte local et la notoriété des candidats
  • les dynamiques de campagne...
Nous en avons tiré la carte ci-dessus qui illustre les nouveaux équilibres politiques possibles dans les deux départements. Dans six cantons, nous avons préféré ne pas faire de pronostic hasardeux. Là, l'indécision est encore plus forte qu'ailleurs.

Elections départementales : Nord

Dans ce département, il y aura 22 duels FN- UMP/UDI, 8 duels PS/DVG-FN, 2 duels PS-UMP/UDI et 4 duels FN-PCF/Front de gauche.

Dans le Nord, la droite UMP-UDI pourrait avoir une large majorité avec 25 cantons contre 7 seulement à la gauche PS+DVG. Le Front National peut espérer gagner dans 3 cantons (Anzin, Dunkerque-1, Denain). La gauche qui détenait depuis 1998 le département l'a d'ores et déjà perdu.

Métropole lilloise : les dix enseignements à retenir des élections départementales

Extrait article La Voix du Nord, de Laurent Watiez publié le 24/03/2015

 
Un PS en déroute, une droite qui rafle la mise, des divisions ravageuses, le tout sous la menace d’un Front national en net progression. Le premier tour des départementales confirme le basculement à droite de la métropole. De quoi donner, peut-être, des idées aux élus communautaires.

Dépité par « la chronique d’une défaite annoncée, entre une politique nationale qui ne porte pas assez en termes de résultats et une division de la gauche mortifère au niveau départemental », Didier Manier a au moins évité le cataclysme suprême, celui d’un président de département battu au premier tour. Dans la métropole, il sera même l’un des rares à pouvoir ramener un siège à la gauche dimanche.
Dans son fief de Villeneuve-d’Ascq où il est élu conseiller général depuis 1988, le socialiste est arrivé en tête avec le même score qu’en 2011 (31 %) et s’épargne un affrontement avec le FN au second tour. Le sursaut citoyen à Villeneuve et dans les quatre communes rurales qui ont intégré le nouveau canton (46,57 % de participation) a permis au duo de la droite unie (27 %) d’éjecter le parti frontiste des débats, toujours en progression dans le canton (23 % des suffrages) mais arrivé troisième cette fois. De la décision de ses électeurs (vote blanc, abstention, report à gauche ou a droite) dépendra l’issue du second tour auquel Didier Manier se présente avec, sur le papier, un léger avantage.

...

Des élections qui donnent des idées aux élus communautaires de droite
Après des municipales dévastatrices, voilà la gauche métropolitaine à nouveau assommée. Sur dix-sept cantons, douze au moins devraient tomber dans l’escarcelle de la droite. Seule la citadelle lilloise tient encore debout, mais elle vacille. Le maire PS de Lomme, Roger Vicot, ne devra sans doute son salut qu’au report des voix d’un front rouge-vert redevenu indispensable. Martine Aubry, fâchée avec les communistes, n’est plus en position de force. Le joli coup du 18 avril 2014 à la communauté urbaine, lors du « troisième tour des municipales », paraît bien loin. Ce jour-là, en votant d’un bloc pour le centriste Damien Castelain, les socialistes se jouaient d’une droite fébrile et désunie. Et sauvaient les apparences en propulsant une gouvernance de consensus, gérée par l’habile maire de Péronne-en-Mélantois.

Depuis, la droite de Gérald Darmanin et Guillaume Delbar continue d’avancer ses pions. La voilà qui repeint en bleu un territoire né avec une layette rose. Dans ce contexte, la Métropole européenne de Lille peut-elle échapper à une clarification politique ? Début janvier, Bernard Gérard, alors président du groupe MCU, avait proposé la création d’un groupe avec le GIDEC et le MPC majoritaire du président Castelain. Non sans une certaine logique : lors des départementales, tous les candidats issus de ces trois groupes se sont présentés sous une étiquette commune. De quoi donner des idées.

mardi 24 mars 2015

Villeneuve-d'Ascq: les quartiers populaires détiennent les clés du duel PS-UMP


PUBLIÉ LE PAR STÉPHANE HUBIN


Arrivé en tête dimanche, le socialiste Didier Manier et son binôme Françoise Martin ont bénéficié d’une mobilisation citoyenne qui a repoussé le FN en troisième position. Une réalité qui cache mal un désintérêt criant de l’électorat des quartiers populaires, où l’on a très mollement voté pour ce scrutin. Décryptage.

Avec un taux de participation de 45,24 % sur l’ensemble de la ville, soit dix points de plus que lors des cantonales de 2011, les électeurs de Villeneuve-d’Ascq ont opéré un sursaut citoyen inattendu dimanche. Un constat qui cache une disparité très marquée entre les trente-quatre bureaux de vote de la ville : si dans plus de deux tiers d’entre eux, la participation dépasse les 50 %, quelques-uns se font remarquer pour leur faible mobilisation. 

Plusieurs affichent moins de 30 % de taux de participation, tous situés dans des quartiers populaires de la ville où l’on vote traditionnellement à gauche.

À Pont-de-Bois, seuls 23,79 % des électeurs du bureau de vote Claude-Bernard se sont ainsi déplacés, 29,28 % dans l’autre bureau du quartier où le duo de la gauche s’impose malgré tout avec son meilleur score (50 %). Dans le quartier de l’hôtel-de-ville, le bureau 100 pointe à 27,45 % de participation, les deux autres à 32 %. 

« Clairement, c’est dans les bureaux habituellement les plus à gauche que l’on a le moins voté », regrette Didier Manier, qui a déjà son plan de bataille pour l’entre-deux tours : aller y battre le pavé. « Il faut mobiliser, car rien n’est fait », doute le président sortant du conseil général qui, malgré le contexte national, a pour autant confirmé son score de 2011. Sur l’ensemble de la ville, il l’emporte dans 24 des 34 bureaux de vote, avec des scores supérieurs à 35 % dans 17 d’entre eux, autour de 40 % à la Cousinerie.

À 1 600 derrière sur l’ensemble de la ville, l’union de la droite remporte sept bureaux dans ses bastions traditionnels que sont le Breucq, le Sart, Ascq ou Annappes. C’est d’ailleurs aux trois bureaux de ce quartier que revient la palme du civisme. Les électeurs s’y sont déplacés à 54 % en moyenne (55,31 % au bureau 110). Didier Manier et Françoise Martin y enregistrent leur score le plus faible (15,49 %), tout comme le FN (8,61 %) tandis que le duo UMP-DVD y culmine à 66,98 %.

Ces ancrages sûrs ont permis à Sophie Lefebvre et Thierry Rolland de repousser l’épouvantail d’une élimination par le FN, comme en 2011. Au final, c’est le parti frontiste qui s’efface, tout en améliorant son ancrage local. Véronique Descamps et Pascal Reignier l’emportent dans trois bureaux des quartiers Poste, Résidence et Les Près, où il est crédité de plus de 40 % des voix, totalisant 22 % des suffrages sur l’ensemble de la ville (deux points de plus qu’en 2011). 

Du choix de ses électeurs dimanche prochain (le FN n’a pas donné de consigne de vote) et du réveil des quartiers populaires dépendra l’issue d’un scrutin qui s’annonce disputé, les quatre communes rurales du canton ayant d’ores déjà opté pour les candidats de la droite.

Canton de Villeneuve-d’Ascq: le maire de Willems Thierry Rolland face au président sortant

PUBLIÉ LE PAR STÉPHANE HUBIN



La poussée annoncée du Front national n’a pas eu lieu. En tête, le socialiste Didier Manier, président sortant du conseil général, en tandem avec Françoise Martin (RC) affrontera le binôme de l’union de la droite dimanche qui prive le FN d’un second tour grâce aux « petites » communes du canton.

Dans un contexte de défiance à l’égard du pouvoir socialiste, le patron du Département risquait gros ce dimanche. Sur un canton redessiné pour doubler de volume et intégrer au passage les communes rurales de Toufflers, Sailly-lez-Lannoy, Forest-sur-Marque et Willems, Didier Manier pouvait craindre que le scénario qui l’a vu confortablement gagner son siège au conseil général depuis 1988 puisse cette fois avoir quelque dératé. Entre la division de la gauche (éparpillée sur quatre listes) et les phénomènes annoncés d’abstention record, de vote de contestation et de mobilisation de l’électorat de droite, une qualification au second tour était loin d’être acquise. Hier au final, aucune de ces équations ne s’est vérifiée.

Avec un taux de participation de 46,57 %, supérieur de 10 points à ce qu’il était en 2011, le sursaut citoyen a bien eu lieu ce dimanche et a pleinement profité au conseiller général sortant. Avec 31,01 % des voix, soit sensiblement le même score qu’il y a quatre ans, Didier Manier (PS) et Françoise Martin (Rassemblement citoyen) arrivent en tête de ce premier tour en faisant le plein de voix à Villeneuve-d’Ascq, qui rassemble 85 % des électeurs du canton. Dans la moitié des 34 bureaux de la ville, ils engrangent plus de 35 % des voix et minimisent l’effet du vote clairement à droite des quatre communes rurales où Sophie Lefebvre (UMP) et Thierry Rolland, maire DVD de Willems, l’emportent haut la main, sauf à Toufflers, où les électeurs leur ont préféré le binôme du FN (38,65 % des voix).

Le seul suspense de la soirée aura finalement consisté à connaître qui, de la droite républicaine ou du Front national, validerait son ticket pour le second tour. Avec 300 voix d’avance sur le FN à Villeneuve-d’Ascq, Sophie Lefebvre et Thierry Rolland (27,02 % des voix au total) n’ont pas eu à attendre les résultats des communes rurales pour savourer une présence au second tour qui fuyait la droite unie depuis les cantonales de 2004.

Toujours en progrès avec 23,31 % des voix, le FN, qualifié au second tour en 2008 avec 19,98 % des voix, fait les frais de cette union de la droite retrouvée. Ses candidats auront toutefois du mal à ravir le canton à la gauche dimanche prochain. En net retrait par rapport à 2011 où ils avaient enregistré 15 % des voix, les Verts totalisent 8,84 %, talonnés par le Front de gauche (6,41 %). Nouveau venu dans la bataille des départementales, le parti Nouvelle Donne séduit 3,4 % des électeurs. Un réservoir de voix de gauche qui, avec l’éparpillement des voix du FN, donne un coup d’avance au duo Manier-Martin.


Sophie Lefebvre et Thierry Rolland (UPN) : « donner un carton rouge au PS au second tour »

Pour le binôme qui affrontera Didier Manier et Françoise Martin au second tour, l’heure était à l’optimisme hier soir. « Les électeurs du canton n’ont pas été tentés par le FN. C’est une première mi-temps encourageante, nous attendons la deuxième pour donner un carton rouge au PS. Aux électeurs de prendre leurs responsabilités dimanche. Les gens ont compris que nous incarnions la gestion et l’efficacité. »